Être freelance ou la désinvolture du client

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Travailler à son compte, c’est bien. Quoique…

On est de plus en plus à être auto entrepreneur, pour différentes raisons. La mienne est que dans mon métier, c’est beaucoup de missions ponctuelles (petites et grandes). J’ai donc dû me rendre à l’évidence.

 

« c’est génial d’être à ton compte, tu fais ce que tu veux, tu es ton propre patron »

C’est sûr ! Si tu n’as pas envie de bosser… Ben, tu bosses pas… mais t’as pas de sous ! Être son propre patron veut dire être capable de pouvoir s’assumer tout seul 🙂 . Cela veut dire également avoir une bonne rigueur, être organisé, ne pas compter ses heures (mais compter ses sous), avoir un sang-froid à toutes épreuves, être motivé et surtout trouver des clients ! Et c’est là que le parcours du combattant (qui ne doit pas être combattu) commence…
Au début, tu te fais la main comme tu peux (stage, bénévolat…) mais il y a un moment où il faut bien commencer à gagner sa vie.

 

Des montagnes russes

Être auto entrepreneur, c’est comme monter dans un grand huit. il y a les périodes creuses et les périodes pleines et il faut jongler avec ça. Faire du démarchage par quelques moyens que ce soit encore et toujours, relancer les anciens clients, les prospects qui étaient intéressés…

J’ai l’avantage et l’inconvénient de pouvoir travailler depuis chez moi.
L’avantage car je n’ai pas d’horaires à respecter, je gère mon temps comme je l’entends et on a moins de frais.
Mais cela est tout de même un inconvénient car tu es toujours tenté de faire autre chose. Les gens autour de toi ne comprennent pas toujours que ce n’est pas parce que tu es chez toi que tu ne « fous » rien… Au contraire, on a plusieurs casquettes car on doit non seulement travailler pour ses clients mais pour soi-même également. Quand tu as aussi une famille à gérer, c’est toi qui te colle aux divers rendez-vous car ton conjoint travaille avec des horaires etc. Donc, tu dois tant bien que mal faire avec… Quelque part, tu es obligé de t’imposer des « horaires de travail » (et jours), ça peut vite devenir une catastrophe sinon…

 

Les clients

Quand tu es auto entrepreneur ou je le dis freelance car dans tous les cas nous sommes des travailleurs indépendants, tu dois démarcher pour trouver des clients. Ce qui n’est pas évident du tout. Tu dois leur expliquer pourquoi tu pourrais leur être utile sans leur mettre la pression.
Quand ce sont les clients qui viennent vers toi, tu dois leur expliquer comment tu vas les aider dans leur projet mais surtout justifier ton tarif (toujours trop élevé à leur goût).

 

« Tu peux facturer comme tu veux »

N’oublions pas qu’il y a des métiers réglementés comme les médecins par exemple. Sinon oui, on est libre dans nos tarifs. Mais , tu ne fais pas non plus tes tarifs à la tête du client ou au pif. Il faut tout de même se renseigner sur les prix pratiqué en général, ensuite prendre en compte tous tes frais, dépenses… Bref, ton prix de revient comme on dit. Et encore ensuite, évaluer la valeur de ton travail. A partir de là, tu peux enfin rédiger ta grille tarifaire.
Pour ma part, je fais des fourchettes avec un minima sous lequel je ne peux pas descendre, mon prix idéal ainsi qu’un plafond (le plus fort que je puisse demander sans que les « potentiels » clients ne prennent pas leurs jambes à leur cou direct). Car rappelle toi que si tu fixes de suite ton prix idéal, tu as 99% de chances d’arriver à ton minima… Si tu commences par ton plafond, tu as beaucoup plus de chance de trouver un juste milieu qui contentera tout le monde. Dans le cas du portage salarial, je majore le prix de 10% (ce n’est pas gratuit !).

 

La désinvolture

Des clients, il en existe de toutes les sortes. Il y a les gentils, les méchants et les pas nets (il y en a peut-être d’autres mais pour l’instant, c’est ce que j’ai pu expérimenter)…
En général, les méchants, je les écarte vite fait. Si c’est pour travailler dans le stress et qu’il rechigne à tout bout de champs, ce n’est pas la peine. J’ai déjà eu à faire à ce genre là . Je me suis même récolté un sale avis sur le site, qu’à cela ne tienne… ce n’est pas grave. Je sais comment je fais mon travail. Et à savoir de qui des deux « fantasmait » le plus. La facture s’élevait à près de 15 000€. Et là, je n’avais pas chercher à comprendre, je lui avais facturé le minima… Mais bon travailler 1 mois non stop sans dormir, ça les vaut non ? Et oui il me demandait de créer 64 comptes et de les gérer ! Intraveineuse de caféine non stop !! Je l’ai gentiment envoyé paître en lui disant qu’il aille voir mes confrères de Madagascar, ce serait moins cher et pas pire que les quelques comptes qu’il avait créé lui-même (et pourtant je lui ai expliqué que ce n’était pas comme ça que l’on faisait)…
Ensuite, il y a les « pas nets ». Et c’est pareil, je ne perds pas mon temps car le temps c’est de l’argent en perspective. J’ai une éthique, une morale. Je veux que ce soit clean. Comme cette cliente qui voulait avoir plus de visibilité sur son site web et qui m’avait dit qu’elle revendait son surplus de base de données. Jusque là rien d’affolant. Sauf que, déjà les CGU n’étaient pas cliquables et quand elles le sont devenus. Tout le contraire était stipulés. Quand je lui ai fait la remarque, elle m’a dit qu’elle les revendait à son groupe. Oui, mais madame, je suis désolée, ces données sorte de votre base de données (ou site si vous préférez) pour s’y retrouver dans une autre, sur un autre site. Et ça c’est pas légal ! Merci, au revoir !
Et puis, il y a les gentils (heureusement !). Ceux qui comprennent qu’il faut bien vivre et que l’on ne peut pas tout faire pour rien. Il y a ceux qui ne discute pas le devis, cela leur convient et tant mieux ! Et ceux qui voudraient bien payer (plus) mais qui n’ont vraiment pas de budget à consacrer car ils démarrent, alors on essaie de trouver un moyen plus « nature » (je te fais ça si en échange de mon travail, tu me donnes ça). Biensûr, on ne peut pas faire que cela mais quand tu as des affinités avec une personne ou tout simplement des amis ou des proches, il est parfois difficile de refuser. Il ne faut pas que ce soit la principal source de « revenu » sinon, au bout d’un moment, ça ne va pas trop le faire… Enfin, dernièrement, j’ai eu une discussion avec un client qui m’a laissé perplexe. Il voulait s’assurer que ce qu’il allait me payer était du net et là…

 

Et les cotisations sociales dans tout ça ?

:O J’ai des cotisations sociales à payer ! Si je ne déclare pas, je risque d’avoir quelques soucis…
En tant qu’auto entrepreneur et en profession libérale (il y a aussi commerciale et artisanale), tous les mois et tous les trimestres, il faut déclarer son chiffre d’affaire à l’URSSAF (pour ma part). A savoir qu’en profession libérale, le taux est de 23,30% pour ceux qui dépendent du RSI pour la retraite et 23,10% (dont je fais partie) pour ceux qui dépendent de la CIPAV (formation obligatoire incluse).
C’est à dire que si je déclare un chiffre d’affaire de 1000€, il faudra que je paie 231€ de cotisations à l’URSSAF. Ce qui fait que mon « salaire » réel (net) sera de 769€.
Au même titre que les sociétés classiques et ce, que l’on ait un local ou non, nous sommes redevable de la CFE (cotisation foncière des entreprises).
Et biensûr, comme tout le monde, nous payons nos impôts.

 

Les droits

Je vais finir avec cette partie qui concerne les droits en tant qu’auto entrepreneur.
Quand tu es ton propre patron, tu as des droits mais ne compte pas sur des arrêts maladie ou des congés payés (c’est quoi déjà d’ailleurs ?).
En matière de protection sociale, au revoir la CPAM, bonjour le RSI. En outre, nous bénéficions des même prestations maternité et paternité.
Pour la retraite, on cotise au RSI ou à la CIPAV. Là encore tout n’est pas rose…
Les prestations de la Caisse d’Allocations Familiales sont les mêmes que pour les salariés.
Un auto entrepreneur ne peut pas bénéficier des allocations chômage car il ne cotise pas à l’assurance chômage. Sauf s’il a ou a eu une activité salariée. Dans ce cas, il ne faut pas que le chiffre d’affaire soit supérieur à 70% du revenu de référence servant au calcul de l’allocation.
Concernant les mutuelles, en tant que travailleur indépendant, nous pouvons prétendre au tarif professionnel (en même temps, nous sommes des professionnels). En général c’est 15% de réduction par rapport au tarif particulier.

 

Voilà ce qu’est un auto entrepreneur.

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