Bonne St Valentin mon job…

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Posted by Isabelle Potel on 11/02/2015 on agirpourlemploi.com

Samedi, c’est la fête des amoureux. Pourquoi ne pas en profiter pour faire un article sur les amoureux de leur travail ? Car oui, il y en a ! Et cela s’appelle tout simplement être passionné !

Je vais vous conter une histoire, pas n’importe laquelle…  la mienne ! (oui je sais, ça fait un peu cliché mais je suis sûre que beaucoup s’y reconnaitront)

L’amour, une histoire de passion…

Je n’ai aucune prétention à vous présenter mon histoire. C’est juste une histoire d’une passion qui est devenu… mon emploi et celui-ci est devenue une histoire d’amour. Une histoire qui ne cesse de grandir chaque jour… Juste l’amour que je porte à mon travail.

Depuis, heuuu… que j’ai posé mes doigts sur un clavier, je suis devenue folle de mon ordinateur ! Je me rappellerai toujours de la tête que j’ai fait et de ce que j’ai dit à ma mère quand elle m’a annoncé que mon parrain allait m’amener un ordinateur… Je lui avais alors répondu : « Mais qu’est-ce que je vais en faire ? Ça ne m’intéresse pas, ce n’est pas la peine… ».

Bref… après m’avoir brièvement expliqué que c’était l’avenir et bla bla bla (oui, je l’avoue, je n’ai pas tout écouté…), il me montra comment l’allumer et me fit un rapide tour de toutes ses fonctionnalités en me disant qu’il n’avait pas le temps de m’initier plus… Super !

A l’époque, c’était Windows 3.1 (je tiens à préciser que l’ordinateur n’était pas tout jeune et qu’il m’avait aussi donné une imprimante à listing ). Me v’là avec un « machin » dont je ne sais pas me servir. Mais étant tellement curieuse, je commence à « bidouiller » et finalement j’y ai passé toutes mes nuits, la souris ne fonctionnait plus quelques temps après, je suis alors devenue la pro du raccourci clavier… Je précise qu’à l’époque, bien évidemment, je n’avais pas internet (je ne savais même pas ce que c’était !).

Jusqu’au jour, où, à cause d’un virus sur une disquette (eh oui), il rendit l’âme. J’ai pleuré dans les jupons de ma mère pour qu’elle m’en achète un… Et là ma love story commença vraiment avec Windows 98…

 

On the web !

En 2000, après moult négociations avec mes parents en leur disant que ce serait un gain de temps pour mes études, ils concédèrent enfin à avoir internet et là, je vis le messie en personne (enfin en électronique ) ! C’est d’ailleurs grâce à cela que j’ai trouvé mon premier emploi.

La technologie avait fait un pas de géant et moi aussi dans beaucoup de situations. Quand j’ai eu mon deuxième emploi, tous mes collègues ont commencé à venir me voir quand ils avaient un soucis avec leur ordinateur et se sont mit à me dire que je devrais faire une formation en informatique car je me débrouillais pas mal et que je pouvais aller plus loin. Je répondais tout simplement que ce n’était qu’un « hobby », une passion et que j’aimerais que ça le reste (peur que ce soit trop technique et que ça m’en dégoûte…)

 

La révélation finale : le community management

Quelques années plus tard, trois enfants et en congé parental, je réfléchissais à mon « come back » professionnel et voulais me reconvertir… Mais j’ai eu une période de doute où je n’arrivais pas à me projeter dans un avenir professionnel (il y avait comme un mur devant moi). jusqu’à ce jour de 2013 (eh oui pas si loin) où je tomba par hasard sur un article concernant un nouveau métier : Community Manager. Bonté divine ! Allier passion et travail, je ne pouvais pas rêver mieux !

 

En route pour l’aventure !

Pendant un bref instant je me suis dit : « je suis née trop tôt » (mais vraiment un bref instant). Je me suis vite ressaisie et j’ai cherché comment y arriver.

Je vous explique brièvement mon parcours. Je n’ai pas le BAC mais un diplôme professionnel (équivalent à BAC+1) dans le domaine du tourisme. Je suis à la suite devenue réceptionniste dans un hôtel de 700 chambres (une usine, on peut le dire) à Paris (à la base je suis une fille de la campagne ch’ti), ensuite j’ai travaillé comme hôtesse d’accueil, standardiste, en charge d’un centre de conférence dans une compagnie américaine. Vous comprenez maintenant que rien n’a été facile, c’est un changement total ! Biensûr maintenant toutes les formations ont du digital à leur programme, d’où le bref instant de nostalgie… Mais qu’à cela ne tienne, je vais faire une formation.

A l’époque (oui 2013, n’est pas si loin et pourtant…), il n’y a pas beaucoup de formations car c’est un nouveau métier qui commence à émerger en France, et cette dernière a un peu de mal à s’y mettre. J’ai le droit de faire une formation pendant mon congé parental, alors profitons-en ! Je peux la faire financer par le Fongécif par le biais du FHTT (Formation Hors Temps de Travail), très bien. En plus de ça je peux la faire à distance et ainsi pouvoir gérer ma vie de famille… Impeccable ! Mais (ce serait trop facile sinon), il faut que ce soit diplômant, aïe ! Tout ce que j’ai trouvé est non diplômant ou sinon, je n’ai pas le niveau requis… Mais si je faisais une VAE (Validation des Acquis par Expérience) ? Non, ce n’est pas possible vu que le diplôme visé n’est pas dans le domaine du tourisme…

Ok, ok, ne nous décourageons pas ! Réfléchissons, ai-je vraiment besoin de faire comme ça ? Google, oh mon ami Google, peux-tu me trouver un programme me permettant d’apprendre les ficelles ? Eh hop, une autoformation par çi, par là… Et hooo ! Qu’est-ce donc ? Un MOOC (Massive Open Online Classrooms) ? Informer et communiquer sur les réseaux sociaux, MOOC de Rue89 qui va débuter dans quelques semaines ? Je prends et par la même occasion, je vais passer la certification. De nombreuses journées de travail plus tard, me voici avec MA récompense : mon bout de papier attestant que j’ai bien travaillé et que j’ai bien compris la théorie !

Prochaine étape : mettre en pratique, la théorie, autrement dit un petit stage s’impose… Me mettre dans le « bain » avant de chercher l’emploi de mes rêves. Entre temps mon congé parental s’est terminé, nous avons troqué la Picardie contre la belle région de Midi-Pyrénées, du coup, j’ai dû démissionner (légitimement) du poste que j’occupais avant (Toulouse / Paris, ça fait un tantinet loin…) ma première grossesse et à m’inscrire à Pôle Emploi… Des annonces de stage, il y en a des tonnes… mais attendez… C’est quoi stage conventionné ? Je veux juste faire un stage et ne vais pas faire la fine bouche, biensûr qu’il sera non rémunéré. Ah… Ça ne fonctionne plus comme ça maintenant… Ah… Alors comment je fais sans convention ? Après quelques recherches, la seule solution est une EMT (Évaluation en Milieu de Travail) de 15 jours par Pôle Emploi… Ce n’est pas grand chose mais mieux que rien… 34 candidatures spontanées plus tard, 3 réponses positives (sur 34, en ayant précisé que c’était non rémunéré, j’espérais un peu plus de réponses…), Je me suis dit, le premier qui est d’accord, je prends ! Bingo ! Premier Rendez-vous dans une agence de voyages, stage accepté. J’ai enfin pu mettre tout ce que j’ai appris en pratique et me rendre compte que YES ! J’ai réussi ma reconversion et que je peux voir mon avenir professionnel se dessiner devant mes yeux, avec quelques « claques » car je ne peux pas tout vous détailler, sinon ce serait un roman mais tous les jours, je m’autoforme, je participe à des conférences, certaines formations avec de « vrais » formateurs (merci la Cantine de Toulouse)… Je me remets en question perpétuellement pour surmonter au mieux les obstacles.

Je suis maintenant prête pour la vraie vie active !

 

L’APE

Je crois que j’ai eu une chance incroyable et c’est pour ça que j’aime encore plus ce que je fais. Mon souhait était de repartir en tant que Community Manager dans le domaine du tourisme mais quand on m’a expliqué le projet, quoi de plus noble que d’aider les autres à s’en sortir quand on est soi-même au chômage ?

Je m’appelle Isabelle, j’ai 38 ans. Je suis Community Manager autodidacte et pour l’instant je travaille au sein de l’APE en tant que bénévole. J’adore mon travail ! D’ailleurs, je n’ai pas l’impression que ce soit un « travail » à proprement parler. Je le prends très au sérieux et d’ailleurs en ce moment même, je ne sais pas si cet article plaira, s’il est bien écrit (je ne suis pas journaliste et n’ai jamais fait de « vrai » blog). J’ai déjà fait des erreurs et j’en ferais certainement d’autres, après tout nous ne sommes que des êtres humains…

En tout cas, je suis en quelque sorte « amoureuse » de mon métier, j’y mets mes tripes et mon cœur et m’investis complètement dans cette mission qui est d’aider mon prochain.

 

 

 

Je souhaite donc une joyeuse Saint Valentin à toutes ces personnes qui, chaque jour donnent le meilleur d’eux-même dans leur job. Artistes, artisans, pompiers, infirmier(e)s, journalistes… nous avons tous cette petite flamme en nous : la passion. La seule morale que l’on pourrait trouver à cette histoire est de juste se donner les moyens d’accéder à nos rêves. Car d’un rêve née la passion qui se transforme en amour…

Et vous, comment avez-vous fait pour faire de votre passion votre métier ? J’attends vos retours sur vos expériences professionnelles et sur cet article.